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Serge Van de Put est une personnalité unique dans notre paysage artistique. Il s'est installé à Berchem dans un vieux bâtiment industriel où jadis un autre illustre artiste, l'animalier E.Peeters, a eu son atelier. A croire que cet endroit inspire les artistes et favourise l'inspiration. Ce qui est remarquable, c'est qu'en visitant son atelier, aucune lumière du jour ne semblait y filtrer, mais la lumière artificielle et les nombreuses bougies, y génèrent une atmosphère intimiste. Serge Van de Put a partagé ses études académiques avec Jan Fabre, et il admire beaucoup le travail de Wim Delvoye, Sam Dillemans, Roger Raveel, James Ensor, Fred Bervoets et beaucoup d'autres. Il a été plusieurs années à la tête de sa propre firme de lettrage publicitaire avant de trouver sa vraie vocation, celle d' être artiste peintre et sculpteur à plein temps. Chaque génération réinvente le passé et écrit sa propre histoire. Le monde de la sculpture est en pleine évolution et il se passe beaucoup de choses passionnantes. Dans le sens traditionnel du terme sculpture on se réfère aux matières du bois et de la pierre, et aux outils du marteau et du burin. C'est là que Serge Van de Put se différencie du sculpteur traditionnel. Cet artiste, né à Anvers, est le premier à introduire, le caoutchouc comme matière dans le monde de l'art. En ouvrant un dictionnaire, on peut lire au mot caoutchouc, "une substance provenant de la coagulation du latex, sève récoltée sur certains arbres tropicaux comme les hévéas". Précurseur, Serge expérimente et travaille ce matériau depuis plusieurs années. Novateur, il veut sans cesse déplacer les barrières de la sculpture classique. Serge sait que les artistes on un rôle de pionnier à jouer et qu'ils doivent en toute liberté pouvoir travailler de nouveaux matériaux. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Serge a inventé un nouveau langage dans le monde de l'art. Serge a son propre mode d'expression artistique, son propre vocabulaire et un tour de main inégalé pour couper et assembler les morceaux de pneus choisis. Concentré sur son matériau de prédilection, il se soucie peu de ce que d'autres pensent de son travail. Son seul souci est de transformer la matière du pneu en une dimension artistique. Parfois, j'ose dire de Serge qu'il est un "recycleur avant la lettre". Il est vrai qu'avant de devenir sculpture, le pneu a eu une vie utilitaire. Il fallait non seulement du culot à Serge, mais aussi une sacrée dose de vision novatrice et artistique pour oser confronter le public avec ce matériau sale, noir et usé! Il a osé et le résultat est à la hauteur de son talent. Ses oeuvres sont "unique","ludiques" et "reconnaissables". Voyant la thématique de l'oeuvre de Serge, on se rend compte que l'artiste aime les hommes et les animaux. Il déborde d'énergie créatice. Pour moi, il est l'exemple vivant que la créativité de l'homme n'a pas encore atteint ses limites. L'art est le miroir de la société. Serge est un artiste contemporain. Qu'est-ce, contemporain? Quelqu'un qui travaille avec de nouveaux matériaux? Ou plutôt des oeuvres créées par des artistes encore vivants? Ce genre de question ne nous fait pas beaucoup avancer. Ce qui est important, c'est votre sensibilité envers son travail, observer et comprendre comment il occupe l'espace, comment il façonne ce travail innovant, comment cette création a sa place dans une galerie, dans la rue ou chez vous. Serge aime représenter les animaux, mais aussi des personnages, et ceci toujours dans le souci d'être ludique et ironique. Serge ne veut pas que ses oeuvres soient prises trop au sérieux. Il est joueur et aime la dérision. Ses oeuvres montrent que l'art n'est pas une science exacte. Son art est abordable et ne laisse personne indifférent. Il crée des émotions en vous. Alberto Melucci fait remarquer à juste titre que "l'art a toujours exploré les chemins du changement. Aujourd'hui, l'art nous apprend de nous regarder différemment. Ce n'est pas par hasard qu'aujourd'hui tant de gens font une recherche de soi-même par le biais de l'activité bienfaitrice de la création." La sculpture et le travail du pneu sont devenus pour Serge, et cela depuis quelques années, une véritable obsession. Son oeuvre a trouvé reconnaissance, grâce à son travail acharné ainsi qu'aux nombreuses expositions qui se sont suivies. Il fut entre autres rémarqué par le patron de l'écurie Ferrari, Jean Todt pour ne pas le nommer, qui trouvait son travail "fascinant". Sans cesse, Serge continue à rechercher l'expression matérielle idéale. Surtout que le caoutchouc est garanti pour résister aux siècles. Ce livre vient à point. Serge se trouve à l'aube d'une grande percée artistique. Son travail est tellement rafraîchissant et novateur qu'il mérite une large publicité. Il est clair que ses oeuvres lui survivront. Ces "autruches","canards","chiens","vaches volantes","troupeaux de chevaux", la "Queen Mum","Amélie Poulin" et tant d'autres trouvent lentement mais sûrement leur place chez des nombreux collectionneurs et amateurs d'art contemporain. Cet homme n'a pas dit son dernier mot.
Gilbert Putteman, |
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